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      Teppei SAITOH

Fabriquant de hamon
      Teppei SAITOH

Japonais

Teppei SAITOH - La naissance du HAMON -

CDjaket002-2   Né en 1973 ( au Japon ).  Ma famille fabrique des meubles en fer et des objets de décoration en fer pour magasins. Depuis mon jeune âge, j’ai entendu le son et le rythme du tapement du fer. Est-ce pour cela? J’ai commencé à m’intéresser aux percussions vers l’âge de 20 ans et j’ai commencé à jouer des percussions traditionnelles asiatiques et africaines.

Après, je me suis spécialisé en Sculpture à l’Université des Beaux-arts. J’ai créé divers sculptures sonores et des instruments de musique autour de l’idée de communication par le son.

En 1996, alors que j’étais encore étudiant, j’ai participé à un voyage culturel à Kyôto et Nara intitulé dont le but était d’apprendre le style d’architecture des temples bouddhique et shinto ainsi que des statues de bouddha. J’ai trouvé ce voyage ennuyeux car, à l’époque, la culture japonaise ne m’intéressait pas. Cependant, c’est dans ce contexte que j’ai entendu pour la 1er fois le son du SUIKINKUTSU (voir 1) dans le jardin d’un Temple. J’ai était émerveillé et ému par ce système acoustique et par sa sonorité. Le son n’est audible que si l’on y prête une oreille attentive. Son timbre métallique ne laisse pas soupçonner que c’est une goutte d’eau qui le produit. Sa sonorité claire et apaisante se fond tout naturellement dans l’espace.

Depuis ce jour là, ce son n’a plus cessé de résonner dans ma tête, et j’ai commencé à penser à créer un nouvel instrument de musique à partir de cette image.
J’ai commencé la fabrication avec le matériau qui m’était familier, le fer, et en partant d’idées suggérées par le Slit drum (voir 2) et le Mokugyo (instrument de percussion bouddhique, en forme de poisson de bois). Après maints tentatives et échecs, mon instrument a fini par trouver sa forme actuelle. Je lui ai donné le nom :Le HAMON, en image de l’onde sur l’eau qui se propage à l’infini. La structure est obtenue par le battage et la soudure de planches de fer (technique : TANKIN-GIHÔ ) afin d’obtenir un récipient, et ensuite, en coupant des fentes sur surface à température élevée.

La structure de l’instrument est simple mais le métal a cette particularité de produire un mélange complexe de résonances, de réverbérations et d’harmoniques qui font la richesse du son.

Chaque HAMON en quelque sorte décide de son diapason, selon ses dimensions et la forme de ses fentes. J’éprouve toujours un grand plaisir dans l’attente puis la découverte du timbre de l’instrument qui ne se révèlent que lorsque la fabrication est achevée. Je me fie à mes sensations sans souci de tonalité ou de gammes. Il serait sans doute possible, en calculant la forme des fentes d’obtenir telle ou telle note mais ce n’est pas mon propos. Je recherche plutôt des sons, des résonances ainsi qu’une beauté plastique de la forme du Hamon et de ses fentes qui satisfont ma sensibilité.

Le16/04/2009                   Teppei  SAITOH

 

 

 

   

Note  1 ) SUIKINKUTSU …… Depuis des temps lointains, le SUIKINKUTSU agrémente certains temples et jardins japonais. Une poterie non vernissée dont le fond est percé d’un trou est placée à l’envers puis enterrée. Le son de gouttes d’eau qui passent par le trou et tombent dans une petite quantité d’eau résonne agréablement à l’intérieur de la poterie.

 

 

 Note  2 ) Silt drum  ………… Il existe pratiquement depuis le commencement d’humanité, et peut être considéré comme l’ancêtre des percussions. On peut trouver des slit drums sur la terre entière. Beaucoup d’entre eux sont en bois ou en bambou. Il a souvent un rôle plus vaste que celui de simple instrument de musique. Il a aussi été utilisé comme moyen de communication et pour accompagner des cérémonies rituelles. Il évoque la lune, les esprits, la féminité.

 

 

 

 

 

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